Alexandre Holroyd

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Crédits : Charles Platiau 

Dès sa prise de fonction, le Président de la République a mis en avant sa volonté de réformer le pays et de lancer des réformes fondamentales, que les différentes majorités n’avaient pas voulu ou pu aborder : code du travail, réforme de l’apprentissage, fiscalité des entreprises etc. Parmi ces chantiers, qui touchent au quotidien des Français, figure celui de la SNCF.  Le 14 mars dernier, le gouvernement a proposé un texte de loi d’habilitation pour ensuite procéder par ordonnances sur ce sujet sensible et urgent.

Nous sommes attachés à un grand service public ferroviaire, car il fait partie du patrimoine national : il est essentiel pour les transports du quotidien (4 millions de voyageurs chaque jour), le développement économique, l’aménagement du territoire, et la transition écologique. Aujourd’hui, un constat s’impose : c’est un service public qui coûte de plus en plus cher (14Md€, +22% en 10 ans, 500€/foyer/an) et qui ne fonctionne pas mieux. Presque 1 RER sur 6 arrive en retard et 1 TER sur 10, c’est deux fois plus que chez nos voisins allemands ou néerlandais. Chaque jour, ce sont des difficultés, du stress, des angoisses, vécues par des centaines de milliers de voyageurs, alors que la mission d’un service public c’est de simplifier la vie des usagers, de l’accompagner avec efficacité.

De plus, alors que l’ouverture à la concurrence est programmée pour 2020, rien n’a été fait pour préparer l’entreprise à ce choc. Pire, la précédente majorité a freiné au maximum ce changement annoncé.

La réforme pour un nouveau pacte ferroviaire se décline en 3 axes : modernisation du réseau, ouverture à la concurrence et réorganisation de l’entreprise.

Le gouvernement va mener une opération sans précédent de remise à niveau du réseau sur 10 ans : 10 millions d’euros par jour investis pendant 10 ans, soit une augmentation de 50% par rapport à la dernière décennie. L’investissement, c’est très concret pour les voyageurs : le changement de rails du RER C ces 2 dernières années a divisé le nombres d’incidents et de retards par deux.  Autre exemple : la rénovation de la ligne Brest-Quimper et le temps de trajet sur les 75km vient de passer de 1h45 à 1h15, avec davantage de gares desservies.

L’ouverture à la concurrence va être positive pour les voyageurs : plus d’offres, plus de nouveaux services, plus de petits prix. La simple perspective de l’arrivée de la concurrence a poussé la SNCF à inventer les TGV OuiGo : énorme succès qui a permis à des voyageurs qui ne prenaient pas le train avant de découvrir l’offre ferroviaire. La concurrence fait baisser les coûts pour les usagers : en Allemagne l’ouverture à la concurrence initiée il y a vingt ans a permis une baisse de 25% de coûts, engendrant une hausse de 49% de nouveaux voyageurs. L’ouverture à la concurrence en Italie a fait chuter les prix de 40%.

Aujourd’hui la SNCF est organisée de façon trop rigide et cloisonnée. Il n’y a pas une SNCF, il y en a 3 qui ne se parlent pas ! (SNCF, SNCF Mobilités, SNCF Réseau). Dans une gare, ce n’est pas la même direction de la SNCF qui gère les quais, la verrière, les panneaux d’infos. Ce n’est même pas la même direction qui gère le grand panneau d’infos dans le hall et celui sur le quai. Evidemment cela ne fonctionne pas. Le projet de réforme permet de revoir son organisation pour en faire un seul groupe plus uni, qui fonctionne plus efficacement : plus de décisions prises au plus près du terrain, plus de polyvalence des métiers. Un seul vrai chef de gare sera positionné pour une meilleure circulation de l’information et une meilleure clarté des responsabilités.

Les cheminots doivent être bien préparés à la concurrence et aux nouveaux métiers, à l’avenir les nouveaux cheminots ne seront donc plus recrutés au statut. C’est d’abord une question d’équité et de justice dans un monde qui s’ouvre à la concurrence. La SNCF ne peut pas rester la seule à recruter au statut. Il est important de noter que les cheminots actuels ne perdront pas leur statut. Nous allons aussi donner à la SNCF une trajectoire économique viable : le Gouvernement prendra sa part de responsabilité sur la dette notamment. Mais la SNCF devra aussi réduire ses coûts : elle ne peut pas rester 30% plus chère que ses concurrents. D’abord parce que c’est l’argent du contribuable et ensuite parce que c’est un poids énorme face à la concurrence.

Le gouvernement est ouvert à la discussion et mène de longues concertations avec tous les acteurs concernés : la majorité présidentielle s’y associe et soutient cette réforme de grande ampleur et indispensable. 2 mois de concertation et 3 mois de débat parlementaire permettront de débattre, d’écouter les arguments de toutes les parties et de rassurer sur certaines inquiétudes non fondées (privatisation, fermeture des petites lignes). 

 


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