Alexandre Holroyd

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J’ai eu l’immense privilège de bénéficier de l’excellence de l’enseignement de l’école républicaine à l’étranger pendant toute ma scolarité. Ce privilège, c’est la source de toutes les opportunités d’une vie et je garde un attachement viscéral à la mission de l’éducation française à l’étranger. : Cet attachement nourrit ma profonde conviction en la nécessité de préserver notre réseau d’écoles, joyau de notre politique d’influence, à travers le monde.

Au cours des dernières semaines, j’ai mesuré la vive émotion provoquée par les récentes mesures budgétaires annoncées par l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE).  Celles-ci ont fait couler beaucoup d’encre et de nombreuses inexactitudes, voire des contre-vérités, circulent aujourd’hui et inquiètent la communauté des Français établis hors de France. 

Ma conception de la mission que vous m’avez confiée est celle d’un devoir de vérité et d’une injonction aux résultats sur le long terme. Elle consiste, en partie, à prendre le temps nécessaire de la réflexion.  Aux commentaires, je préfère l’action : c’est pour cela que je suis immédiatement allé à la rencontre de ceux qui pourraient faire les frais de ces mesures :

-        Notre corps enseignant d’abord, qui souffre de l’incertitude dans laquelle ces mesures le plongent.

-        Les représentants des parents d’élèves ensuite, qui s’inquiètent à juste titre des sempiternelles augmentations des frais de scolarité.

-        Les représentants des élèves enfin, ceux qui devraient être au cœur de l’engagement de chacun et qui craignent de voir la qualité de leur enseignement devenir une variable d’ajustement.

Suite à ces rencontres j’ai également longuement échangé avec Christophe Bouchard, Directeur de l’AEFE et avec Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. C’est à la suite de ce travail de concertation et de dialogue que je reviens vers vous afin de faire un point sur la situation actuelle et les perspectives de l’AEFE.

Il convient de préciser plusieurs éléments :

-        en 2018, pour la première fois depuis sept ans et suite au plein engagement des députés LREM/Modem élus à l’étranger, le budget de l’AEFE augmentera. Celui-ci a fait les frais depuis 2013 d’une politique de rabot systématique et méthodique, à laquelle nous avons mis un terme (420,44M€ en 2013 ; 411,51M€ en 2014 ; 401,91M€ en 2015 ; 387,33M€ en 2016 ; 340,1M€ en 2017, 380,8M en 2018 et 2019 pour le programme 185*).

-        En 2019, le Président de la République s’est engagé à sanctuariser ce budget suite, à nouveau, à l’engagement sans faille des députés=s de la majorité présidentielle. Cette sanctuarisation est une première et donne à l’Agence une lisibilité sur plusieurs années, précieuses pour un opérateur de l’Etat.

* Hors sécurité et Canberra

La mobilisation des députés élus à l’étranger a pour objectif de produire des résultats concrets – comme ceux-ci - et non pas de faire des effets d’annonces qui sont d’autant plus injustes envers les Français de l’étranger qu’ils sont émis par des Sénateurs tout à fait conscients de la futilité d’un geste purement politique. Les Français résidant à l’étranger méritent mieux : des résultats, plutôt que de la posture électoraliste.

Malgré cette augmentation et cette sanctuarisation, soyons clairs et honnêtes ; les problèmes qui sont à l’origine des décisions prises par l’AEFE début décembre sont loin d’être résolus :

  • La gestion des finances de l’Agence reste inadéquate comme la Cour de Comptes le notait en juillet 2017 : « La gestion de l’agence doit sans conteste être améliorée » en mettant en exergue « un suivi [par l’AEFE] très insuffisant de l’ensemble des recommandations émises par la Cour en 2013 ».
  • Le modèle économique de l’AEFE est à bout de souffle avec des coûts qui augmentent annuellement de façon conséquente et il est impensable de continuer à faire porter le poids de ces augmentations aux parents d’élèves ou au corps enseignant.

Face à cette situation, la recherche d’une solution pérenne au travers d’une véritable refonte de l’AEFE est nécessaire et essentielle. Cette réforme doit naître d’une concertation entre tous les acteurs qui sont profondément attachés à la mission d’un tel réseau, concertation qui doit revoir les objectifs, les moyens et les modalités de l’agence. Ces trois éléments doivent être en adéquation avec nos ambitions d’influence, notre volonté de renforcer la francophonie et notre attachement au service public à l’étranger.

C’est dans cet esprit que la mission, confiée par Jean-Yves le Drian, Jean-Michel Blanquer, et Jean-Baptiste Lemoyne à ma collègue Samantha Cazebonne, députée de la 5ème circonscription des Français établis hors de France, doit être conduite. Elle doit être la source d’une transformation, portée par notre gouvernement, qui renforcera le réseau éducatif français à l’étranger tout en assurant sa pérennité. Soyez-en certains, je serai à ses côtés, pendant toute la durée de la mission et de la mise en place de ses conclusions. 


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