Alexandre Holroyd

Revue de presse

Après l'accord trouvé entre le Royaume-Uni et l'Union européenne sur le Brexit, jeudi, quels sont les scénarios possibles ? Les spécialistes convoqués par Europe 1 apportent leurs réponses.ON DÉCRYPTE

À deux semaines de la date fixée pour le Brexit, le 31 octobre, Londres et Bruxelles ont annoncé jeudi un accord mais son adoption par le Parlement britannique, samedi prochain, s'annonce compliquée, rendant la suite très incertaine. Dans tous les cas, "le Brexit, c'est un marathon avec des haies", prévient Alexandre Holroyd, député LREM des Français de l'étranger et rapporteur du projet de loi sur le Brexit à l'Assemblée nationale. Et une haie très haute s'avance samedi… Voici les différents scénarios possibles en fonction de ce que décident les députés britanniques.

 

Le Parlement britannique approuve

Le Parlement britannique, qui se réunit exceptionnellement samedi, approuve l'accord de Brexit. Cela signifie que Boris Johnson, faute de majorité absolue, a réussi à rallier d'ici là les eurosceptiques du DUP (Parti unioniste démocrate d'Irlande du Nord), de son camp chez les conservateurs mais aussi de l'opposition, dont le chef du principal parti, le Labour, Jeremy Corbyn, a appelé à "rejeter" le texte. Cela risque donc d'être serré.

Selon Isabelle Ory, correspondante d'Europe 1 à Bruxelles, le Premier ministre britannique a dit aux Européens qu'il était "plutôt confiant". "Il aurait compté les députés, un à un, et il croit avoir une chance que ça passe", détaille Isabelle Ory.

Certains députés travaillistes et indépendants élus de circonscriptions ayant voté "Leave" au référendum de juin 2016 sont susceptibles de soutenir le texte pour éviter un "no deal". Et "le côté exaspération peut jouer en faveur de l'accord", estime Emmanuel Duteil, chef du service économique d'Europe 1. "Tout le monde veut en finir." Une fois approuvé à Westminster, l'accord doit encore être ratifié par le Parlement européen avant le 31 octobre, date prévue du divorce.

 

Le Parlement britannique rejette le texte

Boris Johnson ne parvient pas à convaincre suffisamment de députés. Son Parti conservateur au pouvoir n'a pas la majorité absolue au Parlement, où il occupe 288 des 650 sièges. Et le petit parti nord-irlandais DUP et les Tories ont appelé à voter contre…

Pour autant, pas d'inquiétude pour Alexandre Holroyd. Le rapporteur du projet de loi sur le Brexit à l'Assemblée nationale explique : "Il était probable que le leader de l'opposition appelle à voter contre, idem pour les Nord-Irlandais. Cela ne veut pas dire que le Parlement va rejeter cet accord, il y a une volonté forte au Royaume-Uni d'en finir."

Les autres solutions

Il pourrait aussi y avoir un nouveau report de la date du Brexit. Même si Boris Johnson n'a de cesse de claironner que le Royaume-Uni quittera quoi qu'il arrive l'Union européenne le 31 octobre, une loi votée le mois dernier le contraint à demander un report de trois mois du Brexit faute d'accord le 19 octobre. Si le Parlement rejetait le texte, Boris Johnson serait donc contraint de demander un report, une perspective qu'il abhorre.

Parmi les solutions également envisageables : un Brexit sans accord. Celui-ci interviendrait si le Parlement britannique rejette l'accord et que l'Union européenne refuse un nouveau report du Brexit. La sortie sans accord aurait alors lieu le 31 octobre.

Emmanuel Duteil, chef du service économique d'Europe 1, conclut : "On n'en est qu'au début. Si l'accord est validé samedi, ça ne change rien dans l'immédiat. Il y a une période de transition jusqu'à fin 2020. Et ce délai pourrait en plus être repoussé d'un à deux ans…"

 

Par Maxime Dewilder


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